La Gazette de GREENWOOD
n°40 (février 2002)

Tome 2
  
  • interview: Les Bo Weavil, le charançon du coton qui dévore tout sur son passage!
  • Lead Belly et sa 12 cordes
  • Fred Brousse: un sacré Zèbre!
  • les Bluesin' Machine au Biplan
  • Nothin' But The Blues et Siryel au Sax' Aphone (Montpellier)
  • Le guide du Bluesard à Lyon: spécial "gônes" bluesophiles
  • Le guide du Bluesard: de passage à Londres
  • exclusif: Les 3èmes J.R. Awards
  • Popa Chubby :une grosse Pomme Bleue
  • King Alex & the Untouchables
    • au Banana Peel
    • salle de Nekkersdal (Bruxelles)
  • Bob Margolin: Hold Me To It
  • Kid Ramos: album éponyme

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A la recherche d'Alec Seward
Carolina Blues

date: 18 janvier 2002
de: Stagg'Oli <stagolee@club-internet.fr>

Late One Saturday Evening (Alec Seward) En tombant par hasard sur le CD Late One Saturday Night d'un certain Alec Seward, mon attention fut attirée par le sous-titre : "a party with Sonny Terry, Brownie McGhee and Others". Au dos du CD, un mot de Sonny Terry précise "[…] c'était un bon ami, il n'y en avait pas de meilleur que lui pour chanter. Si vous ne l'avez jamais entendu, c'est parce que il ne s'est jamais mis en avant […]".
Voilà de quoi attiser la curiosité !

A l'écoute du disque, on découvre en effet un excellent chanteur à la voix et au jeu de guitare picking (dans le style de la Côte Est) tout en douceur et poignants,accompagné par Brownie McGhee (guitare, chant), Sonny Terry (harmonica, chant), Julia Carr (chant) et Wasboard Doc (qui, vous l'aurez deviné, joue du washboard). Ambiance "soirée entre amis" pour cet enregistrement de 1966 qui n'avait pas vocation à devenir un album et ne fut publié que 30 ans plus tard.
Kent Cooper nous apprend dans les notes de pochette (1) qu'Alec Seward était quelqu'un qui, sans être un saint, était foncièrement bon, toujours prêt à aider ses amis. Brownie McGhee et Sonny Terry étaient ses amis et c'est pourquoi il les accompagnait partout, aidait ce dernier à manger ou se déplacer quand il fut atteint d'arthrite. Très modeste et timide, il ne se "vendait" pas, et ça semble être la raison pour laquelle il n'aurait pas fait une carrière brillante et que son nom ne figurerait pas au crédit des nombreux enregistrements auxquels il a participé.
Il est né le 16 mars 1912 et est décédé le 11 mai 1972, peu de temps après le Rev. Gary Davis précise Kent Cooper, ami d'Alec Seward qui a assisté à cette fameuse party enregistrée de 1966.

Bon, c'est à peu près tout ce que je savais sur Alec Seward, alors je me suis plongé dans les deux "bibles" du blues que j'ai :

  • la Grande Encyclopédie du Blues (2)Gérard Herzhaft évoque brièvement Alec Seward dans le chapitre "New-York" : on y apprend qu'Alec joue dans le style de la Caroline du Nord d'où il est originaire, ce qui ne l'a pas empêché d'être influencé par le texan Lightnin' Hopkins, et a abondamment enregistré avec Louis Hayes, Woodie Guthrie et Sonny Terry.
  • Nothing But The Blues (3) où l' index renvoie sur 3 pages. Sur la première quelques lignes nous apprennent qu'Alec Seward et Louis Hayes enregistrèrent sous de nombreux pseudonymes (dont : Guitar Slim & Jelly Belly, les Back Porche Boys). Pas de date précise, mais d'après la chronologie du chapitre, ça se passe dans les années 40-50.
    Les deux autres pages qui sont sensées parler d'Alec Seward évoquent un guitariste du nom de Guitar Slim jouant à la T-Bone Walker, guitare dans le dos ou sautant en l'air pour retomber en grand écart… On est dans les années 50 et ça ne colle pas du tout avec l'image du guitariste de country-blues décrit auparavant !
    C'est avec la mailing-list LGDG (4) que j'ai eu la réponse à cette énigme, par la voix de Philippe Pretet et Georges Lemaire : ce n'est pas le même Guitar Slim ! Celui qui joue de la guitare électrique dans le dos est Eddie Jones qui portait le même surnom, comme d'autres musiciens tels James Stephenson ou Norman Green! Il faut donc corriger l'index de Nothing But The Blues : pour Alec Seward rayer les renvois aux pages 327 et 328 (qui concernent en fait Eddie Jones…).
De Phil Zydeco Sauret, à propos de Guitar Slim-Eddie Jones :

J'adore Guitar Slim (Eddie Jones) ! Un inovateur à la guitare électrique, un fantastique show man, un remarquable danseur et un fantastique chanteur ! On trouve quantité d'anecdotes sur lui dans Rhythm and Blues In New Orleans, un livre de John Broven. Buddy Guy, Albert Collins, Eddie King, Lonnie Brooks citent ouvertement l'influence qu'a eu sur eux ce musicien. Mais par dessus tout il reste pour moi le responsable de l'une des plus belles séances de l'histoire du blues : celle du 26 octobre 1953 à New Orleans. Produite par un tout jeune pianiste aveugle du nom de Ray Charles, cette séance allait donner les classiquesThe Things That I Used To Do, Well I Done Got Over, Letter To My Girlfriend et surtout mon morceau préféré, le poignant Story Of My Life. Un grand moment du blues :)))).

[NDLR : bref, rien à voir avec Guitar Slim-Alec Seward !]

Les recherches sur le web s'avérent laborieuses car Alec Seward y est très peu référencé. Sur l'indispensable allmusic.com (5), on apprend que, outre Late One Saturday Night, il existe deux autres album d'Alec Seward : Carolina Blues, regroupant des titres enregistrés en 1944 par Guitar Slim (Alec Seward !) et Jelly Belly (Louis Hayes), et Creepin' Blues sur lequel nous avons très peu d'informations (il n'existerait qu'en LP).

Les moteurs de recherche internet (6) renvoient également sur… la Gazette de Greenwood (7) où on apprend qu'Alec Seward fut un des premiers bluesmen que Gérard Herzhaft entendit sur disque : "J'avais acheté, un peu par hasard, un 45t EP qui comprenait quatre titres par Big Bill Broonzy, Muddy Waters, Alec Seward et Hooker" (G. Herzhaft, " Good Bye John Lee ", LGDG n°33>/a>).

D'ailleurs, Jean-Michel Borello (du groupe Mo & The Reapers) nous dira aussi qu'Alec Seward fut dès ses débuts un coup de cœur : "Il y a très longtemps (vers 1963, ce qui ne nous rajeunit pas), j'avais acheté un 33t 25cm de Sonny Terry/Alec Seward dans lequel il y 'avait le "Saturday evening Blues" et ce morceau m'avait tellement impressionné que je l'avais inclus dans mon maigre répertoire de l'époque. Il se composait alors de "I'm a man" (Bo Diddley) "Black Brown and White" (Big Bill) et "Saturday Evenin Blues" (version de Alec Seward,mais morceau de Big Bill Broonzy). C'est dire si ça m'avait plu!" (4).

Le Godrich-Dixon (8) ne donne aucune indication sur Alec Seward et, finalement, sa bio complète vint une fois de plus de la liste de diffusion LGDG (4) par la voix de Georges Lemaire qui se réfère au dictionnaire du blues de Sheldon Harris (17):

Alexander T Seward a eu plusieurs surnoms : Blues Boy, Blues King, Georgia Slim et, bien entendu, Guitar Slim.

Il est né le 16 mars 1902 à Charles City et est décédé le 11 mai 1972 à New-York. Son père (Isaac) et sa mère, Martha Johnson ont eu 14 enfants ! Toute la famille a déménagé à Newport News et c'est là qu'il a été élevé. A 18 ans, en autodidacte, il a appris la guitare et jouait fréquemment dans les local parties & country dances.

Il a déménagé à New York en 1923. A la fin des années 40, il a souvent joué avec Terry / McGhee, aux alentours de New-York. Au début des années 40, il a enregistré, avec Louis Hayes sous le pseudonyme des Blues Boys (sur Superdisc et Tru Blue). En 1947, toujours avec Louis Hayes, il a enregistré, sous le nom de Backporch Boys (sur Apollo). La même année, sous le nom de Blues Kings, sur les labels Solo et MGM. Il a ensuite travaillé avec Leadbelly à la fin des années 40. Il a fréquenté la Home of the Blues Music School de B. McGhee en 1949. En 1952, il a enregistré avec S. Terry (Archive of folk music) et toujours avec lui, en 1953 (sur Elektra). Enregistrements avec Larry Johnson en 1965 (Prestige - Bluesville) Avec S. Terry et B. McGhee, en 1966 (sur Blue Labor).

Il est entré à l'hôpital Flower & Fifth Avenue, pour y mourir de mort naturelle et est enterré au cimetière de Hackensack (NJ).


Alec Seward
(photo Peter B. Lowry)


Charles City (où est né Alec Seward) se trouve à 66 miles
au NW de Newport News (où il a grandi)
New York se trouve à 400 miles au Nord de Newport News

Philippe Pretet(4) nous apprend que Jean Claude Arnaudon le décrit comme un "bluesman dont le chant est fait de douceur et de mélancolie. Son chant doux fait écho aux musicalités rurales du Nord-est. Inspiré de Blind Boy Fuller et de Brownie Mc Ghee, son jeu de guitare est délié et aéré."(15)

Fichtre, voilà qui est précis et qui montre que cet inconnu ne l'est pas pour tout le monde et qu'il a eu une vie musicale très riche sous divers noms : Alec Seward bien sûr, mais aussi Guitar Slim, Backporch Boys, Blues King, Blues Boy et probablement d'autres encore.

En plus de tous ces pseudonymes, il existe aussi des confusions: ainsi le Alec Stewart que nous a signalé Patrice Champarou (4), qui joue de la guitare sur un disque avec Sonny Terry et Woodie Guthrie est-il probablement Alec Seward, mal orthographié: "Alec tient cet album, guère passionnant musicalement, à bout de bras (Woody ne pouvait plus jouer de guitare à l'époque) et se contente le plus souvent d'un accompagnement basse-accord qui ne le met pas en valeur, sauf dans un morceau où il joue un court motif caractéristique".

Et puis il y a ces fameuses participations non créditées évoquées par Kent Cooper…

Quelques fausses pistes : en se basant sur les pseudonymes, les moteurs de recherche internet renvoient sur un joueur de violon bluegrass pour Georgia Slim, sur un joueur anglais de cricket pour Alec Stewart et nous apprennent que les Backporch Boys ont été treizièmes au hit-parade turque en 1999… Ce n'est pas par là qu'on en apprendra plus sur Alec Seward! Quant à Blues King et Blues Boy, inutile de vous dire que les réponse sont variées!

Si on en croit le dictionnaire de Sheldon Harris(17), Seward aurait utilisé le pseudonyme de Georgia Slim, or sur sur l'album Document Record Alabama & The East Coast 1933-1937 (DOCD-5450)(9) on trouve six titres de Georgia Slim, à côté de deux titres d'un certain... Guitar Slim! Deux questions se posent alors: le Georgia Slim ayant enregistré en 1937 est-il Alec Seward? Et le Guitar Slim de 1937 est-il Alec Seward?! Les réponses, je les ai eu plus tard, après avoir pu comparer ces enregistrements avec ceux d'Alec Seward en 1944 (voir Carolina Blues plus loin dans ce texte).
A l'écoute des deux Slim enregistrés en 1937 à quelques semaines d'intervalle, il est certain que ce sont deux chanteurs différents, et que le Guitar Slim de 1937 n'est pas Alec Seward! Pour Georgia Slim, c'est beaucoup plus troublant. La voix n'est pas la même, mais certaines intonations ou expressions sonnent pareil et surtout, on retrouve des phrases de guitare caractéristiques qu'emploie fréquemment Alec Seward, dans les basses comme dans les aiguës. Tout cela est sans doute le fruit du hasard, ou plutôt de partage des mêmes sources qui se trouvent être sur la côte Est des Etats-Unis. D'autre part, Brownie McGhee aurait affirmé que ce Georgia Slim qui a enregistré en 1937 s'appelait en fait George Bedford (10 et 8). Ce nom n'évoque rien ni dans les livres ni sur internet…. Tout juste si on sait qu'il y a un Georgia Slim qui s'est joint, dans les années 40 (à Mobile), à Leroy Dallas (guit., washb.) et à Frank Edwards, pour former un trio (4). Celui-là n'est certainement pas Alec Seward qui était à New York à cette époque, et ce n'est peut-être pas non plus le Georgia Slim de 1937.
Fausses pistes donc, Alec Seward n'a pas enregistré en 1937.





Larry Johnson
Larry Johnson (en 1990)
En fouillant sur internet (11, 12, 18), on apprend que l'harmoniciste et guitariste Larry Johnson (né le 15 mai 1938 en Georgie à Atlanta, Fulton Co) arriva à New-York en 1958 après son service militaire dans la Navy et rencontra Alec Seward qui lui a présenté Brownie McGhee et son frère Sticks ainsi que le Rev. Gary Davis.

En fait, Larry arrivait en plein creux de la vague pour le blues acoustique à New York, qui n'intéressait pas la nouvelle génération noire-américaine et n'intéressait pas encore le public blanc. Les bluesmen continuaient à jouer leur blues de façon quasi confidentielle, entre eux où dans certains lieux qui continuaient à les produire. Pas question à l'époque de se lancer professionnellement dans ce style de country-blues, et pour Larry Johnson cette musique qui avait bercé son enfance et le passionnait était plus un loisir et une consolation après des journées de labeur.

La rencontre de Larry Johnson avec le Rev. Gary Davis mérite d'être racontée car on en apprend un peu plus au passage sur Alec Seward. En 1959, alors que Larry Johnson écoutait son ami Alec Seward jouer sur sa Gibson (que je suppose acoustique, quoi que...) au Maxwell House Cafe (où apparemment Seward jouait depuis une vingtaine d'année), il vit arriver Pete Welding qui voulait réaliser un disque avec Seward et Gary Davis. Larry n'avait jamais entendu parler de Gary Davis, bien qu'il réalisa plus tard qu'en fait il l'avait déjà entendu en qualité de seconde guitare sur des disques de Blind Boy Fuller! Alec emmena Larry chez le Rev. Gary Davis qui refusa obstinément de faire le disque en question mais prit le jeune Larry Johnson sous son aile pour une amitié qui devait durer jusqu'à la mort de Davis en 1972.

Le disque Davis/Seward ne vit donc jamais le jour, mais on notera qu'Alec était quand même suffisamment réputé pour qu'on lui propose de faire un disque avec Gary Davis, à une époque où son style n'était plus (et pas encore) à la mode. Il est vrai que Seward avait été recommandé à Welding par Sonny Terry.

La tentative avortée de Pete Welding ne fut pas complètement inutile car, quelques années plus tard, il reprit contact avec Alec Seward pour produire un autre disque, ce coup-ci avec Alec à la guitare et au chant et Larry Johnson à l'harmonica. Et c'est ainsi que le vrai joyau qu'est Creepin' Blues (LP Bluesville 1076) fut édité en 1965!

Ce 33 Tours magnifique n'a malheureusement pas été réédité en CD, mais grâce à Gérard Herzhaft j'ai pu en avoir une copie sur cassette (craquement des microsillons compris!). Le duo Seward-Johnson fonctionne à merveille sur huit titres, Larry semblant appuyer ou répondre à chaque phrase du chanteur. Le jeu de Seward n'est pas fait de vélocité et de suites d'accords impossibles, mais il est d'une intensité rare. Sa voix contenue, grave et éraillée forme un tout avec les cordes frappées et pincées de la guitare: "Mister Blues Mister Blues.... Please don't com' my head no mo'...".

Cette formule guitare + harmonica n'était pas le premier enregistrement de ce type d'Alec Seward, puisqu'on la retrouve sur le disque Sonny Terry and his Mouth-Harp (OBCCD-589-2, Riverside 644) enregistré en 1953 où Sonny Terry n'est pour une fois pas accompagné par son ami Brownie McGhee, mais par son autre ami Alec Seward! Il y avait d'ailleurs déjà eu coopération musicale entre Seward et Terry, comme le prouve le CD Sonny Terry Document DOCD 5657 Volume 2: 1944-1949 où Alec chante sur deux titres. Et puis en 1966, on l'a déjà vu, Sonny accompagnera Alec pour l'enregistrement quasi "pirate" de Late one Saturday Evening dont on a parlé en début d'article.





Pour le CD Carolina Blues (Arhoolie CD 460), c'est à Didier Van Den Branden et à la médiathèque de Bruxelles que je dois toute ma reconnaissance ;-) . Cet album reprend les 14 titres publiés dans le LP sorti dans les années 60 auxquels sont ajoutés 15 autres titres qui n'avaient pas été réédités depuis leur sortie en 78 tours… C'est Chris Strachwitz (14) qui signe les notes de pochette qui nous en apprennent un peu plus sur Alec Seward et Louis Hayes. Au début des années 60 Strachwitz racheta presque par hasard les matrices acétates de ces enregistrements.

Il replace ces enregistrements dans leur contexte, à savoir les années 1940 pendant lesquelles de nombreux ruraux du Sud allaient chercher du travail et de l'argent dans les grandes villes industrielles. Du Mississippi les migrants montaient vers Chicago, du Texas ils allaient vers la Côte Ouest, et des Etats du Sud-Est ils remontaient vers Baltimore et New-York.

De la même façon qu'à Chicago, il y eut à New-York la confrontation entre le blues rural qu'amenaient avec eux les nouveaux migrants, et le blues plus sophistiqué pratiqué par les big bands et qui plaisait aux plus anciens citadins. Bien que new-yorkais depuis plus de vingt ans, Alec Seward se rattachait au style country-blues de sa Caroline natale et il enregistra en 1944 avec Louis "Fat Boy" Hayes de nombreux titres sous les noms de Guitar Slim & Jelly Belly, the Backporch Boyes, Blues Kings ou Bluesboys.

Chris Strachwitz trouva l'adresse de Louis Hayes par l'intermédiaire de Brownie McGhee et il en apprit ainsi un peu plus sur ces enregistrements. Ils ont été réalisés sous contrat (local 802), enregistrés par Mort Brown dans un studio de Broadway, au dessus du restaurant de Jack Dempsey. La plupart des 78 tours sortirent sous le label True Blue appartenant à Alec Seward lui-même.


Le restaurant de Jack Dempsey, au dessus duquel Alec Seward et Louis Hayes ont enregistré dans les années 1940
Parenthèse sur Jack Dempsey:

Jack Dempsey était une star nationale de la boxe dans les années 1920-1930 (50 knock-out en 80 combats! ). En 1935 il ouvrit un restaurant à Broadway (50th Street at 8th Avenue, New York) qui apparemment avait un énorme succès ("Meeting Place of the World", endroit où on pouvait rencontrer toutes sortes de stars, écrivains, artistes, une sorte de Planet Hollywood...) et où on pouvait écouter de la musique (19). Par contre je n'ai trouvé aucune information sur un studio d'enregistrement au dessus du restaurant. Ce devait être un de ces studios rudimentaires et improvisés dans une salle réservée aux musiciens qui se produisaient au restaurant.

Louis Hayes (Jelly Belly) est né vers 1912 à Asheville, NC, et rencontra Alec Seward à New York au début des années 1940 alors qu'il travaillait dans les chantiers navals. Ils jouèrent dans des House Parties et firent ces fameux enregistrements en 1944, suivis d'autres séances pour les label Appolo et Decca (avec Sticks McGhee, sous la direction de Mayo Williams).
Au début des années 50, le duo se sépara car Louis Hayes devint pasteur dans le New Jersey. Quand Strachwitz rentra en contact avec Hayes dans les années 60, celui-ci était en dépression nerveuse. Strachwitz lui envoya les royalties issues du LP. La dernière lettre qu'il reçut de Hayes date du 17 novembre 1986.
A propos de Jelly Belly, je me suis demandé si ce surnom de "Ventre de gelée" avait un rapport, clin d'œil ironique, avec Lead Belly ("ventre de plomb"). Pour Georges Lemaire, ce surnom est lié au gros ventre que devait avoir Louis Hayes, comme le suggère un autre de ses pseudonymes : "Fat Boy" Hayes!
D'autres interprétations auraient pu être possibles si on fouille un peu plus le sens de "jelly": en mandingue, "jeli" signifie "chanteur, ménestrel" , ou alors le terme "jelly" peut également avoir le sens plus précis de sperme ("I done more for you, Than your daddy ever done. I give you my jelly He ain't give you none." , Motherless Child Blues, Barbecue Bob, 1927) (13). Mais le sens "gros ventre" reste le plus probable!

Strachwitz nous donne quelques informations sur Alec. Adolescent, celui-ci apprit à jouer sur la guitare de son frère. Il écoutait beaucoup de "old-timers" et quand il déménagea à New-York il rencontra Lonnie Johnson qu'il suivit un moment et dont il apprit beaucoup. Puis il fut impressionné par les enregistrements de Blind Lemon Jefferson, mais il ne trouva pas réellement d'autre inspiration jusqu'à sa rencontre avec Sonny Terry en 1945, quand l'harmoniciste aveugle était avec Leadbelly à New-York. Sonny emménagea dans la 125ème rue à Harlem, tout près de chez Alec et ils devinrent de très bons amis. Ils jouèrent énormément ensemble à Harlem et Alec avoua qu'il était particulièrement impressionné par le rythme cinglant et énergique de Sonny Terry. Alec rencontra également Big Bill Broonzy à New york, mais il dit qu'il en apprit plus de l'harmoniciste Sonny Terry que de n'importe quel guitariste.

Pour la date de sa naissance, Jean-Claude Arnaudon(15) et Bruce Bastin(16) sont d'accord avec Strachwitz(14) pour le faire naître à Newport News le 16 mars 1901, contrairement à Kent Cooper(1) et Sheldon Harris(17) qui donnent le 16 mars 1902 à Charles City (VA). Kent Cooper est sans doute le mieux informé, puisqu'il était un ami intime d'Alec Seward.

Pour la date d'installation à New-York de Seward, trois années sont proposées! 1922(14), 1923(17) et 1924(15 et 16)… Bon, ce n'est pas très grave! Car quoi qu'il en soit, on sait donc qu'il est arrivé à New York au début des années 1920, soit au tout début du grand mouvement migratoire de la Côte Est qui connaîtra son apogée dans les années 1940.

Alec Seward
Alec Seward (vers 1950)
(photo tirée du CD Carolina Blues)
Pourtant, par son jeu de guitare il peut assurément être rattaché au blues acoustique de la Côte Est, de Caroline très précisément. Les vingt-neuf titres de Carolina Blues sont là pour en témoigner. Le duo de deux personnalités ayant des sensibilités différentes est une véritable réussite. Quelle chance nous avons qu'un jour Strachwitz ait pu racheter ces enregistrements et les rééditer! On peut imaginer qu'il y a eu beaucoup de musiciens de cette trempe qui n'ont pas laissé de trace discographique et sont donc aujourd'hui oubliés, alors ne boudons pas le plaisir de cette redécouverte.

Les deux chanteurs s'interpellent souvent ("Jelly oh Jelly… Eh Slim…" ), chantant tous deux sur un même titre ou alternant de chanson en chanson. Aucune difficulté à reconnaître celui qui chante: comme il est précisé sur la pochette, Jelly Belly a une voix rugueuse, rurale (avec parfois des accents "rock" assez précurseurs!), tandis que Guitar Slim est beaucoup plus paisible, urbain. La voix de ce dernier est d'ailleurs telle qu'on la retrouve dans les disques qu'il enregistrera en 1965 et 1966, tout juste si on peut deviner qu'il avait alors 20 ans de moins.

Les deux guitares jouent un picking limpide et relativement simple, se répondant et se complémentant souvent, l'un jouant préférentiellement une ligne de basse tandis que l'autre place quelques phrases dans les aiguës, donnant à l'ensemble une grande musicalité. C'est du pur blues, dans le style léger de la Caroline, avec quelques titres se rapprochent du ragtime ou du boogie woogie, ce qui ne gâche rien et montre au contraire que l'étiquette avait à l'époque peu d'importance.

Slim et Jelly semblent avoir beaucoup de choses à se raconter, leurs sujets principaux tournent beaucoup autour des femmes et du whisky, bien dans la tradition des blues de cette époque!

Bien sûr, en écoutant Alec Seward (ici avec Louis Hayes donc), on pense à Blind Boy Fuller, mais ses rencontres avec Lonnie Johnson, Leadbelly, Big Bill Broonzy, l'écoute des enregistrements de Blind Lemon Jefferson et probablement de bien d'autres bluesmen l'ont forcément marqué et influencé, et c'est sûrement pour ça que même si son jeu de guitare peut facilement être rapproché de celui de Blind Boy Fuller et Brownie McGhee, on y trouve une touche personnelle, fruit de son expérience de guitariste.





Guitar Slim et Jelly Belly sont peu connus aujourd'hui, mais j'imagine pourtant que le duo connaissait un certain succès (ne serait-ce que localement à New York) car ce n'est pas rien d'avoir enregistré au moins une vingtaine de 78 tours en 1944! Visiblement, Louis Hayes-Jelly Belly n'a plus rien enregistré par la suite, tandis que Alec Seward-Guitar Slim a continué à enregistrer en accompagnant d'autres "vedettes". Le folk boom a mis sous les feux de la rampe ses amis Sonny Terry et Brownie McGhee tandis qu'il restait dans l'ombre, ce qui semblait lui convenir. L'impact de son LP Creepin' Blues en 1965 n'a sans doute pas été énorme, car ce fut son dernier enregistrement officiel. Son talent était pourtant bien reconnu, puisqu'on retrouvera certains de ces titres sur les premiers disques de blues que les jeunes passionnés français du début des années 1960 pourront trouver! Et en 1996, soit 24 ans après la mort de Seward, sortira le CD Late One Saturday Evening, enregistrement "pirate" d'une soirée entre amis, précédant d'un an le CD Carolina Blues rééditant les 78 tours sortis dans les années 1940. Enfin, en 2001, deux titres de Guitar Slim et Jelly Belly sont repris dans New-York City Blues 1940-1950 (20).

Pas si oublié que ça Alec Seward, mais pourtant bizarrement méconnu… Un grand bluesman du blues acoustique qu'il convient donc de toute urgence de découvrir. Et croyez moi, ça vaut le coup de chercher un peu!

date: 2 février 2002
de: Didier Van Den Branden <dvandenbranden@swing.be>

Sur le cd des enregistrements new yorkais Carolina Blues 1944, on remarque dès la première chanson qui est qui. Les deux compères s'interpellent, se racontent des histoires: Alec Seward est plus incantatoire, sa voix est plus basse, plus profonde et "sage" (de sagesse, pas de gentillesse) alors que Jelly Belly sonne plus nasillard, hargneux, rauque et plus moderne dans son intonation et sa façon de déclamer.
Les deux amis se complètent à merveille aussi bien dans le chant que dans les accompagnements de guitares. Ils sont tour à tour soliste et accompagnateur.
29 petites histoires sur l'alcool, les femmes, l'argent, la prison, composées, jouées et chantées (racontées) ensemble ou composées et chantées en solo et jouées ensemble.
L'enregistrement est respectueux des artistes. Il est de bonne qualité et nous donne à déguster une vraie petite merveille.

Les enregistrements de 66 Late one saturday evening ont été réalisés avec les moyens du bords. Ils ne sont pas toujours égaux dans leurs qualités: bruits de micros, niveau d'enregistrement différent suivant les morceaux, bruits parasites, bref, une qualité d'écoute moins grande que celle du "Carolina Blues". MAIS... ces défauts ont une qualité: ils nous donnent à écouter des chansons enregistrées sans fioriture et prises sur le vif (cfr. les commentaires échangés entre les musiciens) avec TOUS leurs défauts (le washboard sur Her ways are so sweet est limite désagréable) et TOUTES leurs qualités.
En ce qui concerne les chansons interprétées, à part CC Rider, Goin' down slow, Trouble in mind, elles me sont inconnues et les indications de pochettes sont très peu précises à leur sujet, style qui à composé quoi. N'étant pas un très grand spécialiste, il s'agit sans doute de compos des uns et des autres + quelques traditionnels...
Sur ce cd, on retrouve Alec Seward et Brownie McGee qui chantent ensemble ou à tour de rôle, Sonny Terry, Washboard Doc (que je ne connais pas) et une chanteuse: Julia Carr dont la voix m'a touché par sa fragilité et sa profondeur. Elle m'a fait penser immédiatement au chant de Sarah Taillard sur le 1er cd d'Elmore D "Basse-Moûse Blues".
En résumé, deux très bon moments de blues qui m'ont fait bénir le jour où Oli nous a envoyé ce premier message à propos d'un bluesman inconnu nommé Alec Seward.





Discographie:

Carolina Blues
  - New York City 1944

LP Arhoolie 2005, 196? (15 titres)

Réédité en CD (29 titres) en 1997

Alec Seward: guit., voc.
Louis Hayes: guit., voc.

disponible sur (www.arhoolie.com)
(extraits audio sur http://www.arhoolie.com/titles/460.shtml)

  1. Ups and Downs Blues *
  2. Crooked Wife Blues
  3. Snowing and Raining Blues *
  4. No More Hard Times *
  5. She's Evil and Mean
  6. Mike and Jerry *
  7. Don't Leave Me All by Myself
  8. South Carolina Blues *
  9. Crying Won't Make Me Stay
  10. Big Trouble Blues *
  11. Humming Bird Blues
  12. Right and Wrong Woman *
  13. Southern Whistle Blues
  14. Jail Buddy Blues *
  15. Mean Girl Blues
  16. Travelin' Boy's Blues *
  17. Railroad Blues *
  18. Yellow and Brown Woman
  19. Bad Acting Woman *
  20. Christmas Time Blues *
  21. Cooking Big Woman
  22. You're My Honey
  23. Early Morning Blues
  24. Isabel
  25. Hard Luck Blues
  26. Unhappy Home Blues
  27. Working Man Blues *
  28. Why Oh Why *
  29. Betty and Dupree *
* titres présents sur le LP Arhoolie 2005

Creepin' Blues

LP Bluesville 1076, 1965

non réédité en CD.

Alec Seward: guit., voc.
Larry Johnson: hca (*)

  1. Big Hip Mama *
  2. Evil Woman Blues *
  3. Goin' Down Slow
  4. Sweet Woman *
  5. Some People Say *
  6. Creepin' Blues *
  7. I Made a Mistake in Life *
  8. Piney Woods
  9. Late One Saturday Evening (Traditional) *
  10. Let a Good Thing to Go *

Late One Saturday Evening

CD Blues Alliance 13007, 1996
Enregistrement 1966

Alec Seward: guit., voc.
Brownie McGhee : guit., voc.
Sonny Terry : hca, voc.
Julia Carr : voc.
Wasboard Doc : washboard
  1. What Has Annie Got?
  2. Risin' Sun Shine On
  3. Her Ways Are So Sweet
  4. C.C. Rider
  5. Goin' Down Slow
  6. Rock Me Darlin'
  7. Late One Saturday Evening
  8. Blues All Around My Head
  9. Feel So Good
  10. Blues All Around My Head #2
  11. Trouble in Mind
  12. Creepin' Blues
  13. Cousin John
  14. I Wish I'd Listened

On retrouve aussi Alec Seward sur:
Sonny Terry and his Mouth-Harp OBCCD-589-2 (Riverside 644) (où Alec Seward accompagne Sony Terry): In the Evening, Move to Kansas City, John Henry, The Fox Chase (aka Hound Dog Holler), Louise, Red River, Goodbye Leadbelly, Custard Pie, I Woke Up This Morning and I Could Hardly See, Old Woman Blues, Talkin' about the Blues, Changed the Lock on My Door, Moanin' and Mournin'; Baby, Baby
Alec Seward figure aussi sur d'autres disques sans en être toujours crédité: Sonny Terry, Brownie McGhee, Woodie Guthrie, ...

Plusieurs titres d'Alec Seward sont réédités sur:
New-York City Blues 1940-1950 Frémeaux & Associés, FA5008 (2001): Early morning blues, Late evening blues
Bluesville Years, Vol. 10: Country Roads, Country Days - Prestige (1998): Evil Woman Blues, Creepin' Blues

Sources :

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Les disques
que vous n'avez pas eus
pour Noël

date: 14 janvier 2002
de: Pierrot Mercier < mississippi@wanadoo.fr >

Cela doit faire plus de 30 ans que j'achète des disques. Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais j'ai toujours pensé que la pochette était un élément déterminant au moment du choix. C'est pourquoi, quand je fais des copies des enregistrements qui me plaisent, j'aime bien leur offrir un emballage un petit peu agréable. Je peux ensuite les ranger parmi les 'vrais' CD sans que leur voisinage soit vexant et aussi les retrouver facilement plutôt que de déchiffrer une par une des inscriptions manuscriptes sur une pile de boîtes        ou           [ndlr: emplacements à louer $-].

Vous me direz qu'avec un scanner et une imprimante couleur (ou avec une photocopie couleur dans l'atelier de reprographie voisin) il me serait facile de faire une réplique parfaite d'une pochette officielle... Halte-là ! Nous n'allons pas parler de piraterie (je laisse ça entre vous et votre conscience >-) : je vous présente ici des disques qui n'existent pas, d'où le titre de cet article.


Je commence par le plus facile : il s'agit ici d'une gravure sur 2 CDs d'après une cassette video officielle J'ai juste scanné la jaquette d'origine et rajouté le découpage des deux CDs.

Curieusement (et j'ai vérifié chez les meilleurs spécialistes Clapton de la Gazette ;-), ce concert exceptionnel n'a jamais fait l'objet d'un pressage officiel. On me dit qu'il existe des disques pirates - j'imagine qu'ils sont aussi pompés sur la cassette dont le son est excellent. En tout cas je pense qu'un vrai album Reprise (la vidéo est chez Warner) aurait à peu près cette tête-là.

Bon, je n'ai pas besoin de vous noter les titres : vous les avez sur la pochette !

Eric Clapton Live in Hyde Park, Londres, 29 juin 1996.

Extrait sonore : début de It hurts me too MP3

Personnel : Eric Clapton, guitare, chant / Dave Bronze, basse / Steve Gadd, batterie / Andy Fairweather Low, guitare / Jerry Portnoy, harmonica / Chris Stainton, claviers / Roddy Lorimer + Simon Clarke, cuivres / Tim Sanders, Katie Kisoon, Tessa Miles, East London Gospel Choir, choeurs


Plus rare maintenant : un enregistrement du festival Jazz à Vienne diffusé sur M6 : Magic Slim & The Teardrops.

C'est la formation qu'on trouve par exemple sur l'album Snakebite : Magic Slim (Morris Holt), Nick Holt à la basse, Allen Kirk à la batterie et Michael Dotson à la deuxième guitare.

La pochette est faite d'après une photo prise à Vannes en août 2001 (lire LGDG 35). La formation était différente puisque Nick Holt était alors remplacé par Danny Connor mais la musique toujours aussi bonne. J'ai bouché le fond en noir pour masquer le Palais de Limur ce qui, j'espère, fait illusion. La photo a été ensuite retouchée avec un filtre "aquarelle". Je pense que ça pourrait faire très joli sur un carton mat.

Magic Slim & the Teardrops Jazz à Vienne, 3 juillet 2000.

Extrait sonore : intro de The Blues is allright MP3

Angel Child, The Sky is crying, Think, Talk to me Baby, Hard Luck Blues, Mama talk to your daughter, The Blues is allright/Sweet Home Chicago.


Encore une cassette télé mais sur Canal Jimmy cette fois. J'ai failli louper quelque chose : le satellite a décroché pendant la présentation du concert par Philippe Manoeuvre... mais ouf l'image et le son (surtout !) sont revenus juste à temps.

Que dire ? Un des derniers concerts de Rory où, même s'il est bien empaté après tant d'années de carrière (et, hélas, d'excès), il donne toujours cette énergie, cette combativité, cette présence.

Un concert d'une rare intensité avec, entre rocks incandescents et blues torrides, quelques instants de pureté acoustique, pauses sereines entre deux combats.

La photo de la pochette est très ancienne (j'ai du la prendre vers 1975) mais la musique de Rory n'a pas vieilli !

Extrait sonore : solo sur Walking Blues MP3 ***

Rory Gallagher Lorient, 10 août 1994

Continental op, Moonchild, I wonder who, The Loop, Tatooed Lady, Could I have religion, Ghost Blues, Western Plain, Amazing Grace/Walking Blues/Don't think twice (it's allright), Million Miles away, Shadow Play, Don't start me too, Medley, Tackin', Revolution, Bullfrog Blues, La Bamba

Personnel : Rory Gallagher, guitare, chant, harmonica / Richard Newman, batterie / John Cooke, clavier / Mark Felham, harmonica + Dan Ar Braz, guitare


Merci à Philippe Espeil qui m'a envoyé une superbe jaquette video (avec des notes complètes).

Pour finir cette série, un disque que personne n'a, même pas moi !

C'est pas du collector ça, hein ?-)

Je m'explique : il y a bien eu un enregistrement de la première session des Greenwood All Stars. Ce jour là (28 février 2001) se sont réunis, dans un studio de Corbeil (91) : Uncle Lee et sa Takamine, Ben "Planet Harmonica" avec une collection de ruine-babines, Bruno et sa Stratocaster, votre serviteur avec son Dobro, sa Sheraton et son enregistreur. Tous se rencontraient pour la première fois dans un studio L'idée de départ était de vérifier cette proposition : "Que font deux (ou plusieurs) greenwoodiens quand ils se rencontrent ? Ils parlent de blues et s'ils n'en parlent pas, ils en jouent".

Je ne vais pas vous raconter en détail la séance. En tout cas, ces heures ont paru trop courtes aux participants et les 4 morceaux étudiés avaient plutôt bonne allure après cette toute première rencontre. Etudiés ? Est-ce bien le mot qui convient quand il s'est agit simplement, à travers ces quelques exemples, pour chacun de partager avec les autres sa façon d'aimer le blues ?

Il sembla à tous que l'idée était bonne et constructive puisqu'un résultat appréciable avait été obtenu. En tout cas pour moi cela avait été une expérience musicale passionnante.

Je suis donc rentré à Saint-Pierre avec le MiniDisc, j'ai recherché les passages les plus intéressants et j'en ai copié tout de suite quelques-uns sur le PC. Heureusement ! Car le MiniDisc, un beau matin, a bêtement perdu les pédales et s'est effacé ! Consternation %-(

Il ne reste donc que des fragments malmenés de cette séance. Malgré ça, pour en garder un beau souvenir, j'ai quand même fait une pochette pour un disque qui n'existe pas.

Mais il existera un jour, avec les mêmes ou avec d'autres !

Extrait sonore : début de la première prise de She's nineteen years old MP3

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