Bienvenue au Soubock !

Patrick Demathieu
Janvier 2007
LGDG n°64

« Bientôt un nouveau lieu de rendez-vous en Normandie : le SOUBOCK ! » nous annonçait notre ami Marc Loison un certain mercredi du mois d’août 2006 - le 23, à 11 heures 03, pour être tout à fait exact.

Le Soubock a ouvert ses portes quelques mois plus tard, la soirée d’inauguration du vendredi 10 novembre accueillant un groupe de chansons folk du Québec, Le Diabl’ dans la Fourche, suivi le lendemain par les Hoodoomen !
Soubock extérieur nuit Ce tout nouveau lieu niché dans la campagne normande propose en effet chaque week-end des concerts de tous styles (blues, country, rock, rockabilly, soul, funk, jazz, jazz manouche, reggae, ska etc. ) mais aussi des spectacles aussi divers que du comique, de la chanson, de la magie...
C'est, nous avait dit Marc, l'aboutissement d'un projet de plusieurs années. Celui d'un passionné, son ami Fabrice Gobé qu’il a accepté d'aider à établir la programmation de ce cabaret situé à 38 km au sud-ouest de Caen (Calvados). Citons en vrac, de manière aussi partiale que partielle, quelques-uns des groupes qui s’y sont d’ores et déjà produits : OC Blues, Sophie Kay, Shaggy Dogs, Philippe Ménard, Fred Chapellier, Nina Van Horn, Lubos Bena, Gérard Tartarini... et n’hésitons pas à renvoyer pour de plus amples informations au site officiel du Soubock (pour lire le texte une fois "entré" dans le site, repérer les petites menottes blanches qui ornent la page à l’extrême droite, pas nécessairement visibles au premier abord ! )

L’architecture du lieu et le nouveau concept de sonorisation qu’il intègre ont déjà fait couler beaucoup d’encre, et notre envoyé spécial Patrick Demathieu s’y est dépêché lui-même afin de consigner ses impressions. Hormis quelques détails comme l’interdiction totale de fumer (et le fait que ni les "clopeurs", ni les éventuels passants n’ont la moindre chance d’entendre la sono de l’extérieur), il manquait à cette présentation une information cruciale justifiant le nom du lieu, la réponse à une question angoissante : qu’est-ce qu’on y boit ? ;-)

Patrice Champarou


La salle...

À nouveau lieu, nouvelles technologies...

Dès que vous arrivez à Cauville (14), de petits panneaux vous indiquent le chemin du Soubock. Et là, étonnement, curiosité, voire admiration. C’est un bâtiment tout en bois, aux formes un peu biscornues, posé dans un lieu complètement désert un peu comme dans un roman de science-fiction.
Vous vous approchez de l’entrée ; sur le fronton est écrit en gros « Soubock » et sur la porte d’entrée, vous trouvez le seul élément métallique qui ne vous soit pas étranger : un marteau de porte. Vous l’actionnez, la porte s’ouvre, et c’est à ce moment que l’aventure peut commencer.

Soubock

Fabrice GOBE, le directeur, vous accueille avec un grand sourire sympathique et si vous le souhaitez, il va vous faire visiter son "rêve".
Imaginez une grande charpente de bateau, du bois partout où que vos yeux se tournent, avec un rez-de-chaussée et un étage, ou plus exactement une mezzanine. Partout, des tables, des chaises (en bois, bien entendu) et au milieu de cette mezzanine, un espace réservé à la sonorisation et à l’éclairage. C’est Michael, souvent accompagné de Fabrice, qui gère les deux.
Salle En face d’eux, au rez-de-chaussée, la scène, une grande scène pouvant accueillir toutes sortes de spectacles. Ce qui surprend le plus quand on se trouve derrière l’emplacement "sono" c’est, contre les murs du haut et du bas, quatre colonnes cylindriques et une colonne supplémentaire située à l’arrière de la scène. HP Ce nouveau système de sonorisation est une réalisation de Bose, le nom exact étant : "Système Bose L1". Le principe est assez simple, chaque colonne (Cylindrical Radiator L1) possède une embase qui lui sert de support et fait en même temps fonction d’amplificateur (PS1). Pour une scène traditionnelle, trois colonnes suffisent, mais ici, il fallait équiper la mezzanine, donc deux colonnes supplémentaires ont été installées. Chaque colonne, d’une puissance de sortie d’environ 750 watts, distribue le son sur une grande partie de sa hauteur (211 cm) et sur 180° ; sur la scène, il y a donc trois colonnes, deux dirigées face au public et une qui sert de retour pour le batteur, dans l’hypothèse d’un groupe musical. A cette installation il faut rajouter quatre caissons de basses. Il est bon de préciser que chaque embase et chaque caisson de basse peut être encastré dans les murs, ce qui laisse toute la place voulue sur la scène. C’est tout du moins ce qui a été fait au Soubock.
Ici, l’installation est fixe, mais pour un groupe qui voyage ou qui va dans un lieu où il n’y a pas de sono, la mise en fonction est très rapide et très simple ; d’ailleurs, Bose a prévu des sacs de transport. Chaque colonne se divise en deux parties pour en faciliter le transport, l’embase se détache et les modules de basses sont indépendants. Il ne reste qu’à connecter le tout à une table de sonorisation et c’est tout, le concert peut commencer.
En théorie, chaque musicien branche son instrument directement sur l’embase d’une colonne, qui devient ampli pour chaque musicien ou chanteur, retour pour les musiciens et système de diffusion en façade. De cette façon, il y a moins de câbles qui traînent sur la scène. De plus, chaque musicien peut contrôler le système avec une télécommande, mais ici elle a été supprimée pour faciliter la gestion, le contrôle étant directement effectué par l’ingénieur du son depuis la console de mixage.

En pratique, tout est quelque peu différent. A ce jour, j’ai assisté à deux concerts et chaque fois les musiciens venaient avec leurs amplis qu’ils branchaient sur le système, ce qui complique quelque peu le travail du sonorisateur. Mais rassurez vous, jusqu’à maintenant tout a très bien fonctionné.

Le plus étonnant, avec ce nouveau système, c’est le son. Que vous soyez sur scène, juste devant la scène, à l’arrière, ou même caché par un montant de la mezzanine, le son est identique tant en régularité qu’en puissance ; finie cette impression d’en prendre « plein les oreilles » pour les spectateurs assis devant la scène, et de ne rien entendre au fond : le confort d’écoute est fantastique.

Patrick Demathieu

Voir également les chroniques des concerts de Fred Chapellier et Nina van Horn.

Michael Marc OC Blues Salle Chapeau Bière

Un mot de Marc Loison...

Pour répondre à la question "qu'est-ce qu'on y boit ? ", il y a entre autres une excellente bière à la pomme (quel autre fruit, en Normandie ?) ; brassée par Pousset, elle est composée de 70% de bière blanche et de 30% de jus de pomme. Excellente et très digeste, elle fait le régal des spectateurs et des musiciens qui découvrent le nectar... et en reprennent volontiers.

Autre particularité du lieu : le "Tombeau las ". Fatigué de lire les faits divers sanglants après des excès du samedi soir, le patron propose aux spectateurs qui viennent à quatre dans le même véhicule de désigner leur capitaine de soirée, à qui il offre deux boissons non-alcoolisées. Une quête symbolique de 50 cents d'euro est organisée parmi le public, et l'un des capitaines remporte le chapeau par tirage au sort. Ca fait partie de l'esprit "Soubock" ! Concernant la programmation, outre une belle part au blues, elle propose également chaque vendredi et samedi du rock, de la country, de la chanson, du reggae, de la world music, du folk et des musiques traditionnelles. Le cabaret est présent un dimanche sur deux : magie, humour, chanson...

Amitiés,
Marc





retour haut de page


La Gazette de Greenwood N°64