Fred CHAPELLIER,
Pascal MIKAELIAN et Black & Blue,
Matthew SKOLLER,
Howard TATE

à Salaise-sur-Sanne

De: Philippe Espeil
date: 1er octobre 2008
LGDG n°66


Fred CHAPELLIER et Billy PRICE

25 ans, ça se fête, notamment lorsqu’il s’agit d’un festival de blues car c’est le signe d’une longévité exceptionnelle. C’est le cas du Salaise Blues Festival qui a vu ses premiers concerts en 1983. Comme cadeau d’anniversaire, Salaise s’est offerte un programme de choix avec en première soirée Chestnut Lady Band, Beverly Jo SCOTT remplaçant au pied levé Candye KANE, et enfin Fred CHAPELLIER accompagné de Billy PRICE.
Ce dernier concert a été particulièrement remarquable et remarqué. Certains d’entre vous ont peut-être déjà vu Fred dans un club, mais c’est peu à côté de ce qu’il peut donner sur une grande scène. C’est là qu’il prend toute sa dimension. Ce soir, à Salaise-sur-Sanne, le plateau s’y prêtait et Fred n’avait pas boudé son plaisir en invitant, autour de son groupe habituel, ses potes Miguel M, Neal BLACK, et Alain RIVET. Après une entrée en scène à la suite d’un High Wire saignant, l’hommage à Roy BUCHANAN s’est donc poursuivi avec l’intervention consécutive de ces invités. Fred nous a ainsi fait revivre, au son incisif de sa guitare, quelques mémorables pages discographiques de l’immense Roy. Le spectacle fut à son comble avec l’arrivée de Billy PRICE ; sa voix et son chant dans le genre soul-rock sont époustouflants ! Ces deux-là ont enflammé la scène et emporté le public de Salaise. Le rappel fut engagé avec LE titre que j’espérais entendre ce soir-là : The Messiah Will Come Again. Qui dans la salle n’a pas alors eu des frissons sur les bras devait être inhumain (ou imberbe ;-) ). Merci Fred CHAPELLIER pour nous avoir transporté avec autant de brio, pour nous avoir donné ce moment de blues et de rock comme on aimerait en entendre plus souvent.

Pascal MIKAELIAN et Black & Blue La seconde soirée a démarré sur les chapeaux de roue avec le groupe Black And Blue accompagnant l’harmoniciste survolté Pascal MIKAELIAN. C’est bien ce dernier qui a donné la couleur de ce set avec un jeu d’harmo et de scène énergiques. Il n’hésite pas non plus à décloisonner le son blues en usant d’effets sonores, le résultat donnant une palette variée au côté de quelques titres plus classiques dans le répertoire des Black And Blue.

Matthew SKOLLERSet suivant dans un tout autre style, un autre harmoniciste en la personne de Matthew SKOLLER. Souvent épaulé par son frère Larry à la guitare, c’est pourtant cette fois Billy FLYNN (vu quelques semaines plus tôt dans la région aux côtés de Diunna GREENLEAF lors du festival A Vaulx Jazz) qui a rempli ce rôle. Chanteur correct, c’est toutefois aux petits trous que Matthew a construit sa réputation, digne héritier de l’école du Chicago blues même s’il amène sa personnalité et son style. Autant dire que le show de ce soir fut à la hauteur, l’homme maîtrisant indéniablement son sujet. Les parties d’harmonicas mêlèrent bon goût et inventivité, le répertoire mariant classiques du genre et compositions personnelles dont l’inévitable « You don’t know ». On aura noté aussi le revendicateur « handful of people », manifeste contre la guerre en Irak et contre le gouvernement Bush.
En tant qu’accompagnateur, Billy FLYNN a également été remarqué surtout par son jeu et son efficacité, mais malheureusement encore une fois par sa trop grande discrétion.

Howard TATEEn tête d’affiche, le très attendu Howard TATE a fait son entrée. Le grand homme, redécouvert récemment après une difficile traversée du désert, nous a servi un lot de titres blues and soul en tous points conformes aux attentes du public averti. Il n’hésita pas à introduire chacun d’eux par quelques phrases d’explications. A son écoute, l’auditoire s’en est trouvé que plus impliqué dans ce qu’Howard chantait. Il y avait une sorte de communion entre l’artiste et son public ; c’est sans doute aussi une grande force de ce genre soul voire gospel.
Howard TATE, bien accompagné, a surtout mis en avant son guitariste, très chic et coiffé d’un panama, qui a assuré les titres d’intro de ce set et qui a montré un soin certain, de l’élégance et du talent à ses interprétations.

Le gâteau d’anniversaire était à la mesure de l’évènement, reconnaissant le travail accompli depuis autant d’années, et l’immortalisant dans la publication d’un livre exceptionnel où on retrouve, avec moult photos et anecdotes, toute la programmation depuis les débuts. L’organisation du festival ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et annonce déjà la traditionnelle soirée blues de l’automne avec John MAYALL. Le rendez-vous est pris.


Philippe ESPEIL



La Gazette de Greenwood N°66